Couleurs d'Ozone

lundi 14 septembre 2009

Santé !

Le corps n'est qu'un jouet pour l'esprit. (Nietzche)


Aux gens qui me demanderont comment j'ai fait pour ne pas être sourd plus tôt, je leur répondrai : j'aime la musique, les belles voix et le bruit du ressac.
L'instinct de survie agit fortement sur le mourant : "Laisse une trace à tout prix, des gènes ou des mèmes; que continue ta vie, que pousse ce que tu sèmes."

vendredi 16 mai 2008

Un Rêve

Cette nuit, j'ai fait un rêve : J'étais assis dans un fauteuil, et je voyais une lame sortir de ma poitrine, encore dégouttante du sang chaud de mon coeur. La lame restait un instant, comme pour suspendre le temps avec de la douleur, puis disparaissait dans mon dos, aussitôt remplacée par une autre, de forme ou de couleur différente. Je ne sais combien de lames j'ai enduré, je sais juste qu'à un moment, je suis mort, cédant à la souffrance ma vie éternelle de rêveur.

samedi 22 décembre 2007

Tristesse & Créativité

Faut-il être triste pour être créatif ? Faut-il souffrir pour écrire la vie d'un autre ? Écrire, créer, c'est oublier son réel, son présent pendant un temps. C'est de l'ivrognerie active. Mieux vaut ça que la bouteille, mais l'un ne va pas souvent sans l'autre. Il doit certes exister de grands créateurs heureux au quotidien, mais ils n'ont pas la même muse que les malheureux. Les êtres dotés d'un surplus d'imagination ne peuvent se contenter du concret... Leur monde intérieur est si... parfait pour eux. Ils imaginent, ils créent des merveilles d'abstraction dans leurs petits cerveaux. Mais les outils du monde sont si grossiers, si inaptes à reproduire ces pensées ! Impossible donc de partager cet univers avec qui que ce soit. D'où la solitude, puis la tristesse.

Sous peu surgit un sentiment de supériorité, d'unicité, de génie, aussi plaisant que malfaisant ; il forge une personnalité qui tend inéluctablement vers l'opiniâtreté et la misanthropie. Un ballet incessant prend alors place, entre l'envie de rencontres humaines, qui sont les plus riches en inspiration, et leur dégoût, qui mène vers l'expression.

Impossible de vivre une vie normale avec de telles aspirations. Impossible de vivre une vie de couple. Impossible d'appréhender le bonheur de la vie par le biais de la béatitude.

Le vieil ermite est l'homme qui, sa vie durant, a suffisamment emmagasiné d'inspiration pour le reste de ses jours.

samedi 1 septembre 2007

Mouvements

La vie est dirigée dans l'univers comme le regard d'un musicien sur une portée, alors qu'il joue.

Notre espèce évoluera, génétiquement ou technologiquement, en des êtres qui ne peuvent se nuire les uns des autres, par quelque procédé que ce soit.

C'est un des schémas stables, immobiles.

Des exemples sont partout dans les films et les bouquins.

Prenons deux exemples du cinéma :

  • Le scénario peu enviable du monde des machines de Matrix. Attention, sans humains "libres", sans Scion quoi. Les êtres ne peuvent se nuire les uns des autres, mis à part virtuellement. Si la mort virtuelle n'entraînait pas la mort réelle, on aurait un schéma stable. Quand je mourais à Oblivion, ma souris tentait de m'étrangler. J'ai pris une souris sans fil.
  • Le scénario peace & love des gentils extraterrestres de La Belle Verte. Pour plus d'explications, voyez le film, il parle de lui-même.

Maintenant, parlons probabilités. Lequel gagne ? Le premier. Je ne fais pas de psychohistoire, c'est trivial.

Pessimiste ? De toute ma vie, je n'ai que rarement été en tort sur le fond de ma pensée. Ceci est le fond de ma pensée. Un pessimiste ne prendrait pas la peine d'imaginer un futur à l'humanité. À la vie, peut-être, qui sait ?

Bébé

jeudi 23 août 2007

Je suis un misérable

Je connais une femme remarquable, fort douée en manipulation et très versée dans l'art de la séduction. Elle m'a reproché récemment de ne plus être le bonhomme jovial et bavard qu'elle connaissait. Ce qui implique deux choses : d'une, je ne reste pas parfaitement fidèle à moi même quand je suis confronté à une fille qui me plaît ; de deux, en ce moment, c'est elle qui perd ses moyens, et non pas moi, qui suis simplement revenu à la normale.

J'ai vu sa faiblesse, et alors que c'était elle qui m'avait toujours battu psychologiquement, elle s'est montrée faible et presque sans défense. Et j'ai creusé sa faiblesse ; j'ai été odieux.

Sur le moment, je me disais, c'est pour relever le niveau, pour qu'elle se remette d'aplomb, pour qu'elle s'énerve, pour qu'elle fasse quelque chose d'imprévu et d'intelligent...

Peine perdue, ça a dégénéré en fausse bagarre. Enfin c'est elle qui me tapait dessus. Gentiment, certes, mais avec dépit.

Maintenant que je réfléchis, je comprends que ce n'était pas la bonne méthode. J'aime beaucoup cette fille, comme on pourrait aimer une soeur. J'aurais mieux fait de lui faire un câlin et de lui demander ce qui n'allait pas. (un câlin de gentleman, Ma Dame, rassurez-vous)

Je déteste manipuler, mais je ne me laisserai pas l'être.

La vengeance a un mauvais arrière-goût, surtout froide.

jeudi 5 juillet 2007

Manque de Professionnalisme

Oui, je manque de professionnalisme.

Je sais.

Et alors ? Je ne fais pas sérieux ? Rien à foutre ! Je suis méticuleux, consciencieux, rigoureux dans mon travail. J'emmerde les horaires, c'est plus fort que moi. Et par dessus tout, j'emmerde ces victimes de la société que sont les businessmen/women. Ils mourront avant moi, et de leur propre aveuglement encore, mais tant qu'ils sont en vie, ils me pompent l'air.

Un vrai businessman ne peut avoir de sentiments. Il n'existe qu'à travers lui-même. C'est ça, l'influence de la société sur les amis ? C'est ça le goût du fiel dégouttant des sourires d'hypocrites ? C'est ça, la trahison ?

À force d'esquiver la confrontation cinglante, je vais finir par devenir l'enculé égoïste, malsain et insensible que je refoule au plus profond de moi-même... Je suis ce que je veux être, mais ce n'est pas toujours facile. Je lutte, pourtant. Je lutte pour ne pas exploser la gueule de mes interlocuteurs, ou les traîner dans la boue, les humilier, en faire mes esclaves... je lutte dur. C'est si facile, si tentant ! Et... Ils sont si cons ! Si prévisibles, si manipulables, si facilement trompés ! Tout comme je le suis quand je m'oublie aux délicieux plaisirs qu'offre la confiance...

Monde de merde.

vendredi 8 juin 2007

Baiser

Dans l'ordre de difficulté, mes tâches accomplies aujourd'hui :

  • Résoudre un casse-tête africain
  • Inventer la roue
  • Sauver le monde
  • Rencontrer la plus belle femme du monde
  • L'embrasser sans honte

Je suis un ver parmi les vers. Mais j'ai grignoté un trèfle à quatre feuilles, aujourd'hui.

jeudi 7 juin 2007

L'importance des câlins

Qu'on soit un homme ou une femme, il vient un moment, après une longue solitude, où on a besoin d'un câlin. Jusqu'ici, rien de bien révolutionnaire dans ce que je raconte...

Je considère ça comme une faiblesse en soi, puisque c'est une sorte de ... dépendance naturelle dont seuls certains abstinents savent endurer les affres. Pour nous, les humains de base, impossible d'échapper à ça. La tension monte, une forme de stress qui se manifeste de façon extrêmement aléatoire selon les personnes ; cela agit sur l'humeur (déprime, amertume, cynisme), la libido (avec un général un effet positif), la sociabilité (intro/extraversion, faiblesse ou dureté pour les plus atteints), le sommeil même !

Mais bon, un bon gros câlin, quelqu'un qui vous susurre dans l'oreille, qui redonne le goût de vivre à vos lèvres, qui vous rappelle que vous n'êtes pas inutile... La câlin (basique ou un peu plus ... intime) agit à la fois chimiquement (le corps réagit tout seul, c'est ce que je veux dire) et psychologiquement.

Il nous rassure sur la légitimité de notre existence... Vous savez qu'une personne a besoin d'un gros câlin si elle répète qu'elle en veut aux autres de tenir à elle car sinon elle pourrait se suicider par exemple... Je ne dis pas ça au hasard, je l'ai constaté de mes propres yeux et entendu de mes propres oreilles (pas si propres, d'ailleurs). C'est amusant, dit comme ça cela parait tellement évident, mais pour le détecter dans une discussion pendant une soirée c'est une autre histoire !

Physiquement, le corps réagit de manière automatique, en sécrétant entre autres de l'Ocytocine (Voir aussi Oxytocin, en anglais, plus complet) et autres protéines, phéromones, molécules chimiques avec des noms imprononçables qui agissent sur le système immunitaire afin de le renforcer. C'est en quelque sorte leurrer votre cerveau dans une fausse relation sexuelle afin qu'il déclenche toutes ces réponses, elles-mêmes n'existant que grâce à la sélection naturelle.

Conclusion : Il faut faire des câlins. Si vous en ressentez le besoin, vous avez des ami(e)s, réclamez un câlin !

Liens sympas :
Touch Ambassador (blog londonien)
Soirées Câlin

dimanche 3 juin 2007

Frissons

Existe-t-il vraiment des gens qui n'aiment pas la peur, sous n'importe quelle forme ?


Frissons


Je crois que chaque être humain à sa forme de peur qu'il affectionne et qui lui procure un certain plaisir. Il existe peut-être des exceptions rares, mais elles ne doivent pas être plus courantes que les personnes qui n'aiment aucune couleur ou encore aucune saveur (donc qui les détestent toutes).

Je n'en ai jamais rencontré, personnellement.
Voyons voir quels types de peur on rencontre le plus souvent :

  • le danger de mort : jackasses. Rien à perdre, ce sont des gens qui pensent que la vie est fade et sans intérêt et que si ils meurent c'est que c'est leur destin et que c'est pas plus mal. Un peu comme quand on se dit : une partie gratuite ? Chouette, je vais faire n'importe quoi ! C'est vrai au fond, la vie c'est gratuit, on ne paye pas (en tant qu'être humain) pour naître !
  • le danger de mort maîtrisé : typique des adeptes des sports extrêmes, qui acceptent de mettre leur vie en jeu ou de se mettre dans des situations dangereuses, avec quand même 0.01% de chance qu'un accident survienne par défaillance du matériel ou impondérable environnemental.
  • les jeux sexuels un peu ... sauvages ou masochistes. La peur artificielle de l'autre.
  • les films d'horreur (ils n'existeraient pas sinon). À ce propos, la mère et la fille (non je ne suis pas pédophile, bande de nazes) de la famille addams sont irrésistiblement charismatiques, ne trouvez-vous pas ? La peur et l'inconnu sont fascinants.
  • l'interdit. Tout le monde connaît celle-là, non ?
  • le trac : la peur de faire un pas de travers, qui se retrouve tant chez les artistes de scène que les amoureux.

On peut classer ces peurs par intensité, mais ce serait un classement hautement subjectif ; il semble plus adéquat de les classer par ... forme de peur.
On peut pour cela s'aider des effets physiques et psychologiques que ces peurs engendrent.

Dans tous les cas, on dénote une accélération du rythme cardiaque et de la respiration.
Prenons par exemple les sports extrêmes (maîtrisés ou non). Tout le monde ressent à peu de choses près la même montée d'adrénaline énergisante qui décuple les sensations et rend tout speed. La réponse du corps à la peur est instinctive, profondément ancrée dans notre programme génétique de survie, et longue à s'accoutumer.
En ce qui concerne les jeux sexuels, c'est surtout la peau qui est expressive. Chair de poule, contraction des muscles gérés par les zones reptiliennes du cerveau... (ceux de la mâchoire entre autres)
Les films d'horreur, quant à eux, ont tendance à couper le souffle et à développer une paranoïa nerveuse. La preuve qu'on aime ça, c'est qu'on sourit tout le temps après la séquence frissons si on a bien encaissé la peur. On ressent aussi particulièrement bien les messages nerveux de la colonne vertébrale, ne serait-ce que parce qu'on est assis et que avec les autres formes de peur en général on bouge un peu. Froid dans le dos... Brrrr...
Braver l'interdit procure une jouissance indéniable et, j'en suis sûr, expérimentée par chacun. Plus l'interdit est fort, donc plus la peur de la sanction est forte, plus l'excitation est extatique. Ici encore on observe une montée d'adrénaline et une agitation fébrile.
Reste donc le trac. Ce n'est pas une peur spontanée mais une peur pernicieuse qui tord les entrailles et réduit les capacités intellectuelles. Selon moi, les personnes à fort QE en sont plus souvent victimes que les autres. C'est aussi la peur la plus "recherchée", dans le sens où elle n'est vécue que dans des instants qui précèdent le bonheur. Elle ne s'obtient pas sur demande, mais elle ne peut être simulée. Par exemple, on peut s'immiscer dans un film avec un peu de concentration (et de matériel), assez facilement, et donc ressentir avec acuité les émotions et ambiances au travers de l'image et du son. Quand on est habitué à parler en public ou aux femmes, fi de la timidité et des noeuds dans les tripes ! Le coté brillant de la médaille, c'est que quand on ressent enfin! cette émotion, on peut en déduire que le corps et l'inconscient considèrent le stimulus comme quelque chose d'important, etdoncques il faut lui accorder l'intérêt qu'il mérite, consciemment. Mettons que l'inconscient aura remarqué ou calculé ce qui échappe au conscient, et en focalisant là dessus, on finit toujours par comprendre. Parfois, ça surprend. Curieusement, le trac est la seule forme de peur qui reste agréable même en rêve.

En conclusion, je pense que vous l'avez deviné, j'ai été secoué récemment par une série d'évènements qui m'ont causé le trac, alors que j'en étais privé depuis de nombreuses années. On ne peut combattre son inconscient... Il prend le contrôle aux moments les plus inattendus, il force à se trouver des excuses pour plier la volonté à ses exigences. Finalement, c'est lui le plus malin, et le 50% de libre arbitre suggéré par Werber n'est pas une constante comme on pourrait penser en le lisant. S'il y a 50% de libre arbitre, c'est une moyenne sur une vie, mais il y a des décisions, des tournants où on ne choisit pas dans quelle direction on va, tout simplement.