Couleurs d'Ozone

vendredi 30 mai 2008

L'été indien

Hmmm...

Pérusse a de sacrées références...

Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce matin-là
Nous marchions sur une plage un peu comme celle-ci
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique
Là-bas on l'appelle l'été indien
Mais c'était tout simplement le nôtre
Avec ta robe longue tu ressemblais
A une aquarelle de Marie Laurencin
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que je t'ai dit ce matin-là
Il y a un an, y a un siècle, y a une éternité

On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore, lorsque l'amour sera mort
Toute la vie sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien

Aujourd'hui je suis très loin de ce matin d'automne
Mais c'est comme si j'y étais. Je pense à toi.
Où es-tu? Que fais-tu? Est-ce que j'existe encore pour toi?
Je regarde cette vague qui n'atteindra jamais la dune
Tu vois, comme elle je reviens en arrière
Comme elle je me couche sur le sable
Et je me souviens, je me souviens des marées hautes
Du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer
Il y a une éternité, un siècle, il y a un an

On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort
Toute la vie sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien

Joe Dassin

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Lété indien - Joe Dassin

mardi 20 mai 2008

Au lecteur

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins
C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;

C'est l'Ennui ! - l'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !

Charles Baudelaire


Qui est le crétin qui a cru qu'une telle merveille pouvait être de moi ?

mardi 5 juin 2007

Le Cherry de Cerise

La belle dame croque dans une cerise
D'un geste élégant et avec gourmandise ;
Son regard est pensif mais elle est, quoi qu'on dise,
La flamme de mon coeur que la folie attise.

Dame aux Cerises

jeudi 3 mai 2007

L'odeur de la Mort

La Mort sent le poisson aux épinards,
tout comme l'alcoolique pue le pinard.

Poètes en voie de disparition ?

A great poet, a really great poet, is the most unpoetical of creatures. But inferior poets are absolutely fascinating. The worse their rhymes, the more picturesque they look. The mere fact of having published a book of second-rate sonnets make a man quite irresistible. He lives the poetry he cannot write. The others write the poetry that they dare not realise.
Oscar Wilde

Traduction faite maison

Un grand poète, un véritable grand poète est la créature la moins poétique qui soit. Mais les poètes de classe inférieure sont absolument fascinants. Plus leurs rimes sont mauvaises, plus ils paraissent romantiques. Le simple fait de publier un livre de sonnets de seconde main rend un homme quasi-irrésistible. Il vit la poésie qu'il ne peut écrire. Les autres écrivent la poésie qu'ils n'osent pas vivre.

vendredi 27 avril 2007

La Dame du Passé

La Dame du Passé, avec sa peau si blanche,
Vivait à une époque qui ne lui seyait guère.
Pourvue d'un buste droit et de délicates hanches,
Elle était si belle qu'elle ne pouvait que plaire.

Galatée en son temps eut été sa rivale ;
Pygmalion eut aimé cette brune sculpturale,
Car ivoire et ciseau ne sont point assez purs,
Pour concurrencer cette merveille de nature.

Tout en elle n'est que grâce, et sa voix est un chant
Qui ravit les tympans et enhardit les sens.
Bienheureux est l'homme qui, doté d'une once de chance,
Parvint à embraser ses lèvres couleur sang.


La Dame du Passé - Alone, by *Moyan - DeviantArt