Existe-t-il vraiment des gens qui n'aiment pas la peur, sous n'importe quelle forme ?


Frissons


Je crois que chaque être humain à sa forme de peur qu'il affectionne et qui lui procure un certain plaisir. Il existe peut-être des exceptions rares, mais elles ne doivent pas être plus courantes que les personnes qui n'aiment aucune couleur ou encore aucune saveur (donc qui les détestent toutes).

Je n'en ai jamais rencontré, personnellement.
Voyons voir quels types de peur on rencontre le plus souvent :

  • le danger de mort : jackasses. Rien à perdre, ce sont des gens qui pensent que la vie est fade et sans intérêt et que si ils meurent c'est que c'est leur destin et que c'est pas plus mal. Un peu comme quand on se dit : une partie gratuite ? Chouette, je vais faire n'importe quoi ! C'est vrai au fond, la vie c'est gratuit, on ne paye pas (en tant qu'être humain) pour naître !
  • le danger de mort maîtrisé : typique des adeptes des sports extrêmes, qui acceptent de mettre leur vie en jeu ou de se mettre dans des situations dangereuses, avec quand même 0.01% de chance qu'un accident survienne par défaillance du matériel ou impondérable environnemental.
  • les jeux sexuels un peu ... sauvages ou masochistes. La peur artificielle de l'autre.
  • les films d'horreur (ils n'existeraient pas sinon). À ce propos, la mère et la fille (non je ne suis pas pédophile, bande de nazes) de la famille addams sont irrésistiblement charismatiques, ne trouvez-vous pas ? La peur et l'inconnu sont fascinants.
  • l'interdit. Tout le monde connaît celle-là, non ?
  • le trac : la peur de faire un pas de travers, qui se retrouve tant chez les artistes de scène que les amoureux.

On peut classer ces peurs par intensité, mais ce serait un classement hautement subjectif ; il semble plus adéquat de les classer par ... forme de peur.
On peut pour cela s'aider des effets physiques et psychologiques que ces peurs engendrent.

Dans tous les cas, on dénote une accélération du rythme cardiaque et de la respiration.
Prenons par exemple les sports extrêmes (maîtrisés ou non). Tout le monde ressent à peu de choses près la même montée d'adrénaline énergisante qui décuple les sensations et rend tout speed. La réponse du corps à la peur est instinctive, profondément ancrée dans notre programme génétique de survie, et longue à s'accoutumer.
En ce qui concerne les jeux sexuels, c'est surtout la peau qui est expressive. Chair de poule, contraction des muscles gérés par les zones reptiliennes du cerveau... (ceux de la mâchoire entre autres)
Les films d'horreur, quant à eux, ont tendance à couper le souffle et à développer une paranoïa nerveuse. La preuve qu'on aime ça, c'est qu'on sourit tout le temps après la séquence frissons si on a bien encaissé la peur. On ressent aussi particulièrement bien les messages nerveux de la colonne vertébrale, ne serait-ce que parce qu'on est assis et que avec les autres formes de peur en général on bouge un peu. Froid dans le dos... Brrrr...
Braver l'interdit procure une jouissance indéniable et, j'en suis sûr, expérimentée par chacun. Plus l'interdit est fort, donc plus la peur de la sanction est forte, plus l'excitation est extatique. Ici encore on observe une montée d'adrénaline et une agitation fébrile.
Reste donc le trac. Ce n'est pas une peur spontanée mais une peur pernicieuse qui tord les entrailles et réduit les capacités intellectuelles. Selon moi, les personnes à fort QE en sont plus souvent victimes que les autres. C'est aussi la peur la plus "recherchée", dans le sens où elle n'est vécue que dans des instants qui précèdent le bonheur. Elle ne s'obtient pas sur demande, mais elle ne peut être simulée. Par exemple, on peut s'immiscer dans un film avec un peu de concentration (et de matériel), assez facilement, et donc ressentir avec acuité les émotions et ambiances au travers de l'image et du son. Quand on est habitué à parler en public ou aux femmes, fi de la timidité et des noeuds dans les tripes ! Le coté brillant de la médaille, c'est que quand on ressent enfin! cette émotion, on peut en déduire que le corps et l'inconscient considèrent le stimulus comme quelque chose d'important, etdoncques il faut lui accorder l'intérêt qu'il mérite, consciemment. Mettons que l'inconscient aura remarqué ou calculé ce qui échappe au conscient, et en focalisant là dessus, on finit toujours par comprendre. Parfois, ça surprend. Curieusement, le trac est la seule forme de peur qui reste agréable même en rêve.

En conclusion, je pense que vous l'avez deviné, j'ai été secoué récemment par une série d'évènements qui m'ont causé le trac, alors que j'en étais privé depuis de nombreuses années. On ne peut combattre son inconscient... Il prend le contrôle aux moments les plus inattendus, il force à se trouver des excuses pour plier la volonté à ses exigences. Finalement, c'est lui le plus malin, et le 50% de libre arbitre suggéré par Werber n'est pas une constante comme on pourrait penser en le lisant. S'il y a 50% de libre arbitre, c'est une moyenne sur une vie, mais il y a des décisions, des tournants où on ne choisit pas dans quelle direction on va, tout simplement.