Je connais une femme remarquable, fort douée en manipulation et très versée dans l'art de la séduction. Elle m'a reproché récemment de ne plus être le bonhomme jovial et bavard qu'elle connaissait. Ce qui implique deux choses : d'une, je ne reste pas parfaitement fidèle à moi même quand je suis confronté à une fille qui me plaît ; de deux, en ce moment, c'est elle qui perd ses moyens, et non pas moi, qui suis simplement revenu à la normale.

J'ai vu sa faiblesse, et alors que c'était elle qui m'avait toujours battu psychologiquement, elle s'est montrée faible et presque sans défense. Et j'ai creusé sa faiblesse ; j'ai été odieux.

Sur le moment, je me disais, c'est pour relever le niveau, pour qu'elle se remette d'aplomb, pour qu'elle s'énerve, pour qu'elle fasse quelque chose d'imprévu et d'intelligent...

Peine perdue, ça a dégénéré en fausse bagarre. Enfin c'est elle qui me tapait dessus. Gentiment, certes, mais avec dépit.

Maintenant que je réfléchis, je comprends que ce n'était pas la bonne méthode. J'aime beaucoup cette fille, comme on pourrait aimer une soeur. J'aurais mieux fait de lui faire un câlin et de lui demander ce qui n'allait pas. (un câlin de gentleman, Ma Dame, rassurez-vous)

Je déteste manipuler, mais je ne me laisserai pas l'être.

La vengeance a un mauvais arrière-goût, surtout froide.